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Reussir En Chine

Reussir En Chine

Ce Blog parle de la Chine des affaires, des clés pour réussir en Chine et avec les Chinois, des insolites.


Les grands constructeurs automobile face à leurs homologues chinois

Publié par Collectif sur 12 Mai 2017, 18:05pm

Catégories : #Economie, #Travailler en Chine

L’ouverture de la Chine ne s’est faite que très tardivement. Il faudra attendre 1977, où jusqu’à cette date le "maoïsme" privilégiait l’autarcie économique, le développement rural et une très forte centralisation de la production. C'était alors l’Etat qui décidait des commandes et qui attribuait les matières premières et les ressources aux entreprises nationales.

Après la mort de Mao en 1976, des dirigeants chinois modernistes, tel Deng Xiaoping, ont décidé d’ouvrir l’économie chinoise sur l’extérieur pour lui permettre de rattraper son retard sur l’Occident et sur les pays asiatiques voisins.

Le plagiat, un bon accélérateur économique pour les pays en développement

C’est un fait, de nombreux constructeurs chinois copient les designs des modèles de leurs rivaux occidentaux. L’édition 2017 du salon de Shanghai qui a ouvert ses portes le 19 avril, nous met une nouvelle fois la puce à l’oreille et nous permet de constater l’ampleur du phénomène. Quelques exemples sont presque devenus incontournables :

La Suzhou Eagle par exemple, ressemble de très près à la Porsche Cayman...

Les grands constructeurs automobile face à leurs homologues chinois

La Rayttle E28 n'est-elle pas une soeur jumelle de la Renault Twizy ?

Les grands constructeurs automobile face à leurs homologues chinois

Et le Landwind X7 a comme des faux airs du Range Rover Evoque, non ?

Les grands constructeurs automobile face à leurs homologues chinois

"Pour les Chinois, une voiture est une voiture. Ils copient ce qui plaît". Voilà comment Pierre-Noël Giraud, économiste français, explique le phénomène de copie qui sévit en Chine et qui est souvent influencé par une demande du marché.

Patrick Le Quément, designer, pointe cependant une évolution, sans doute plus spécifique à l’automobile : "Les designers chinois savent que ce phénomène leur est néfaste mais n’osent pour le moment pas encore aller à l’encontre des demandes de leurs services marketing". Patrick Le Cément se permet de rajouter que "les Asiatiques ont un rapport différent à la copie. Elle est souvent considérée comme un hommage bien qu’elle soit inacceptable d’un point de vue commercial".

Pierre-Noël Giraud précise lui que les Chinois "ne font pas de distinction entre copie du design et copie de la technologie ; ils traduisent ce qu’ils veulent et ce depuis que le début de leur rattrapage et l’arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir (en 1978 – ndlr). La copie a même été leur moyen de rattrapage principal".

Pierre-Noël Giraud et Patrick Le Quément rappellent tous les deux que le phénomène de plagiat ou de copie est "depuis toujours" présent dans l’industrie, l’automobile n’y échappant évidemment pas. "La copie fait partie de l’histoire économique. Les Français ont par exemple copié, en les important clandestinement, les machines textiles anglaises lors de la première révolution industrielle. C’est un phénomène bien normal pour la simple raison qu’il est plus facile et surtout plus rapide de copier que d’inventer. Dans le cas contemporain de la Chine le pays disposait du capital humain pour réussir aisément", note l’économiste.

De fait, les constructeurs chinois n’ont que très récemment investi dans le design, eux qui se concentraient principalement sur le fonctionnel et la technologie. Cet investissement massif a permis d’attirer beaucoup de designers étrangers en Chine.

Les grands constructeurs automobile face à leurs homologues chinois

Comment faire face à cette machine à copier ?

En matière de propriété intellectuelle, les tribunaux chinois penchent rarement du côté des plaignants. En effet, gagner son procès pour contrefaçon contre une entreprise locale reste une mission périlleuse. 

La Chine, bien que membre de l’OMC et de l’OCDE, n’a pas la même conception de la protection des propriétés intellectuelle et industrielle ou du droit des marques. Une conception qui diffère donc des autres pays membres. C'est pourquoi peu de constructeurs étrangers se lancent dans des procédures judiciaires qu'ils estiment perdues d'avance. De surcroît, la médiatisation de tels procès peut exercer une influence négative sur la marque étrangère qui l'intente. Le risque que l'opinion publique chinoise se retourne contre la marque est réel et non négligeable.

En 2004, le constructeur japonais Honda en a fait les frais alors qu’il avait porté plainte contre Shuanghuan, un fabricant chinois, pour plagiat. Mais cela s’est finalement retourné contre la marque elle même. Honda a ainsi dû payer 2 millions d’euros au constructeur chinois au titre des frais de justice et de "dommages à la réputation". Pour information, ce constructeur chinois a finalement baissé le rideau pour cause de faillite l’an dernier.

Pour conclure, en prenant en compte l’avancée extrêmement rapide de la Chine dans tous les domaines, y compris le design, "la pratique de la copie par les constructeurs chinois ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir et un épiphénomène de l’histoire de l’automobile !" analysent Pierre-Noël Giraud et Patrick Le Quément.

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