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Reussir En Chine

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Ce Blog parle de la Chine, des clés pour réussir en Chine et avec les Chinois, des insolites, de la culture, des voyages.


La Chine s’ouvre de plus en plus… Vraiment ?

Publié par Collectif sur 22 Août 2014, 06:51am

Catégories : #Economie, #Travailler en Chine

Une discussion avec Stephane Grand

 

Nous avons récemment eu la chance de rencontrer  le professeur Stephane Grand, créateur du cabinet comptable SJ Grand en Chine. Récemment invité par la Commission Européenne pour préparer la visite en Europe de Xi Jinping, Stephane Grand a une expertise et un œil avisé sur l’évolution économique et législative de la Chine. Nous avons profité de cette rencontre pour évoquer les perspectives d’ouverture pour les investisseurs étrangers en Chine.

Stephane Grand - SJ Grand

Stephane Grand - SJ Grand

On a l’habitude de dire que la Chine, en parallèle de son développement économique, souhaite resserrer le relatif laxisme envers les investisseurs étrangers. Qu’en est-il véritablement ?

Je pense qu’il y a deux phénomènes qui coexistent. Le premier est un resserrement face au laxisme de ces dernières années. Il y avait un laxisme bienveillant, qui permettait aux étrangers d’opérer en Chine un peu en dehors de la règlementation. C’est en train de disparaître, les choses se resserrent. D’un autre côté, on observe une tendance inverse et qui joue en faveur de cette ouverture, qui est le nombre de domaines autorisés en constante augmentation.

Mais quelles sont véritablement les ambitions de Pékin ? Notamment d’un point de vue fiscal, qu’elles sont les perspectives pour les entreprises étrangères ?

C’est très difficile à dire, parce qu’il y a à la fois une volonté de garder les activités des entreprises étrangères sous contrôle, et la pression du commerce internationale. A terme, empêcher les étrangers de fonctionner en Chine n’est pas viable.

Au sein de l'Empire du Milieu, les entreprises étrangères sont traitées différemment des entreprises nationales. Il y a une réglementation pour les entreprises étrangères et une réglementation pour les entreprises chinoises. Les entreprises étrangères doivent faire face à une concurrence chinoise qui ne paie pas (ou partiellement) ses impôts et ses charges sociales, qui trouve toutes sortes de moyens pour contourner la règlementation. Elles se retrouvent ainsi avec des structures de coûts différentes de celles des entreprises locales.

Il y a eu pendant de nombreuses années - entre le milieu des années 90, et la fin des années 2000 - une période d’euphorie, où les étrangers étaient prêts à prendre beaucoup de risques, à faire face à une règlementation qui leur était adverse. Cette euphorie a un peu disparu. C’est pourquoi, je pense que le gouvernement chinois reconnaît qu’il y a toujours un besoin de laisser entrer les sociétés étrangères en Chine. C'est pour le bien du pays, pour continuer à développer une industrie chinoise qui ne se limite pas à de la petite manufacture rurale. Mais ils savent que pour cela il va falloir que le système change et de ce fait, le système changera.

La Chine s’ouvre de plus en plus… Vraiment ?

Est-ce que l’on peut malgré tout imaginer, en cas de contexte qui pourrait devenir difficile en Chine, un resserrement, un retour du protectionnisme ?

Il pourrait y avoir un resserrement mais je pense qu’à terme, le resserrement n’a pas beaucoup de chances d’être permanent. Je pense qu’il y aura des resserrements temporaires, ponctuels, limités.

Nous sommes au XXIème siècle, les besoins d’être un membre actif de la communauté commerciale, internationale, se fait clairement sentir. Il pourrait y avoir un resserrement, il pourrait y avoir une imposition particulière ponctuelle des sociétés étrangères (comme c’est si souvent le cas d’ailleurs). Mais à terme, je ne vois pas la situation se bloquer. Aujourd’hui, quand il y a des campagnes de clarification, d’épuration fiscale, vous avez, par exemple, quatre industries qui vont être choisies comme cibles particulières et les sociétés étrangères en feront partie. Ces dernières sont une cible facile et privilégiée pour l’administration chinoise.

Dans ce contexte, peut-on dire que toutes les entreprises étrangères sont logées à la même enseigne ? Ou est-ce que l’on voit des différences entre les sociétés européennes, américaines ou japonaises ?

En fait, on observe surtout des différences entre les grosses mutlinationales, les "fortunes 500", et le reste des sociétés. Il est très clair que, pour le financement par exemple, Microsoft ne va pas être logé à la même enseigne qu’une petite PME de manufacturing.

C’est là tout le dilemme du gouvernement central. La régulation se veut stricte tout en devant rester suffisamment attractive pour accueillir les plus gros investisseurs, tout simplement parce que la Chine en a besoin.

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